Katmandou, sa tonitruante beauté, par Fabien Granier

Que faire pour aider les népalais dans la situation d’urgence qu’ils vivent après le terrible tremblement de terre du week-end dernier ? Leur pays est loin et le temps presse pour retrouver les personnes bloquées dans les décombres. Venir en aide à tous les autres, les blessés et ceux qui ont perdu leur maison, va aussi devenir une urgence et les intempéries ne feront qu’accentuer les difficultés actuelles.

Dans son article sur Rue89, Fabien Granier ne fait pas avancer la situation humanitaire du pays. Mais quand il raconte son expérience népalaise, on se sent tout d’un coup plus proche de ce coin du monde. Et quand il évoque les touristes « ces milliers de cancres venus de pays où le confort est érigé en dogme » qui « affluent sans vergogne » avec « leur ivrognerie rituelle » qui ont « lu dans (leur) Lonely Planet qu’il faut toujours marchander au Népal », mais qui ont besoin de leur douche chaude, de leurs clopes, de leur steak, de leurs nuits en boîte… j’ai le sentiment que son article aurait pu être publié le mois dernier ou l’année passée, sans qu’un tel drame ne survienne, qu’il pourrait être publié presque sans rien changer à propos de la Syrie dont il ne reste rien, du Bangladesh qui risque de disparaître sous les eaux ou de l’Indonésie qui est rapidement dévorée et défigurée par l’économie de marché et par le tourisme.

Ca ne fait peut-être pas avancer la situation, mais parfois exprimer ses opinions et ses sentiments peut faire bouger le monde.

Alors j’ai honte

J’ai honte d’être un touriste. Pas n’importe quel touriste, mais de ceux qui partent pour ces pays dits « en voie de développement ». Soleil à bas coût, luxe  au prix de l’ordinaire, dépaysement garanti…

Le gouvernement indien encourage-t-il les arnaques ?

Taxi mister, taxi… Après dix heures d’avion, parfois plus lorsqu’il faut faire escale, stressé par la ronde du carrousel à bagages qui met un temps infini pour régurgiter le sac tant attendu, après avoir trouvé un changeur ou un distributeur de billets, en plein décalage horaire, accablé par la chaleur, enivré d’un air saturé d’odeurs nouvelles, désorienté par le bruit et l’agitation à la sortie du terminal, le premier rite de passage du voyageur qui découvre l’Inde consiste à négocier un taxi.