Alors j’ai honte

J’ai honte d’être un touriste. Pas n’importe quel touriste, mais de ceux qui partent pour ces pays dits « en voie de développement ». Soleil à bas coût, luxe  au prix de l’ordinaire, dépaysement garanti…

Grandes marées

Granville. 14m15 de marnage. Coefficient 119. Première grande marée du siècle. La prochaine aura lieu en 2033. Une tous les 18 ans.

Au bout du monde une route submersible, une plage sans fin et au bout de la plage sans fin… des algues rouges.

Vire-vent, cap à l’ouest. Direction Chausey, le grand air. Oublier.

Le Bangladesh à l’heure anglaise

Salut à toi le Bangladesh. Chaque étape est une évasion vers un ailleurs inattendu. Des villes à la densité  suffocante,  des rivières labyrinthiques, des fleuves larges comme la mer, des îles si éphémères qu’elles ne figurent sur aucune carte, une mangrove plus mystérieuse que la forêt de Brocéliande, le tumulte de la circulation urbaine, la jungle de la frontière birmane…

Sylhet Division, nord est du Bangladesh. Quelques kilomètres avant d’arriver à Sreemangal, une route étroite se transforme en piste. Après 9 kilomètres chaotiques sur un chemin de terre qui longe des plantations de thé, apparaît enfin le domaine de Parkul Tea Estate. Les odeurs, les bruits, les silences, les couleurs, les regards, la végétation, le ciel, l’eau, la sérénité improbable d’une plantation de thé. Reprendre son souffle. Puis se faire encore irrésistiblement aspirer par une énergie inconnue.

Le gouvernement indien encourage-t-il les arnaques ?

Taxi mister, taxi… Après dix heures d’avion, parfois plus lorsqu’il faut faire escale, stressé par la ronde du carrousel à bagages qui met un temps infini pour régurgiter le sac tant attendu, après avoir trouvé un changeur ou un distributeur de billets, en plein décalage horaire, accablé par la chaleur, enivré d’un air saturé d’odeurs nouvelles, désorienté par le bruit et l’agitation à la sortie du terminal, le premier rite de passage du voyageur qui découvre l’Inde consiste à négocier un taxi.

Banashankari Amma Vodafone Temple

A quelques kilomètres de Badami, Banashankari dévoile peut-être un des temples les plus avant-gardistes de la dynastie Chalukya. Comme d’habitude dans l’hindouisme il faut s’accrocher un peu pour comprendre qui est qui.

Le temple Amma est dédié à Shakambhari, qui semble être une incarnation de Parvati, elle même épouse de Shiva. Bon, Shiva facile : le chignon, le croissant de lune accroché à la chevelure, le troisième oeil, le cobra… Tout le monde connait aussi son véhicule (on dit vâhana), le taureau Nandi représenté couché avec sa bosse sur le dos et ses testicules bien visibles. Il est aussi symbolisé par le linguam, ce phallus stylisé qu’on voit partout, associé au yoni qui représente l’organe féminin.

Bangladesh !

La réplique du boucher de la rue blanche résonne encore dans ma tête : « plus de bavette ce soir, c’est le Bangladesh, y’a plus rien. »
Bangladesh, dèche, misère… Depuis sa naissance en 1971 le pays n’a cessé de garder les stigmates de la famine qui a suivi sa guerre de libération contre l’occupant pakistanais. L’effondrement du Rana Plaza n’a pas amélioré l’image du pays, qui fait l’objet de tous les reportages sur la l’exploitation humaine, les rejets polluants, les conséquences du réchauffement climatique…

Raju, guide indépendant à Badami

Cela faisait seulement quelques minutes que nous étions arrivés à Badadi après un trajet d’une traite de 12 heures d’avion, 7 heures de train (2nd class), 2 kilomètres d’autorickshaw et 2 heures de bus que nous filions déjà au marché pour prendre un masala tchai.