Danse masquée de Java

Lorsque j’ai vu le programme du festival belge Europalia consacré cette année aux arts d’Indonésie, j’ai sérieusement pensé demander le changement de nationalité pour partir vivre à Bruxelles. Trois mois incroyables, entièrement consacrés aux cultures anciennes et actuelles d’Indonésie… et moi bloqué à Paris.

Mais une lueur d’espoir inespérée est venue de l’Ambassade d’Indonésie qui a invité le 27 novembre la troupe Nani Topeng Losari pour présenter au public français la danse masquée javanaise.

Et quelle découverte fabuleuse. En deuxième partie, la danseuse Nur Anani M Irman (septième génération d’une famille de danseurs de Topeng Losari) et sa troupe ont donné un spectacle d’une intensité époustouflante, où la grâce, la précision et la virtuosité des artistes semblaient animées par le pouvoir magique des masques. Une magie nécessaire car les masques sont dépourvus de fente pour les yeux, obligeant les artistes à danser en aveugle, guidés par l’énergie mystérieuse ou sacrée de la boite à masque. Une danse ou plutôt une prière aux Dieux, car à l’origine il semble que ce style de danse masquée était destiné à répandre l’islam.

Un moment exceptionnel de découverte d’un art vivant, d’une tradition multiséculaire, aujourd’hui menacée, qui remonte au 15ème siècle.

 

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