Le Bangladesh à l’heure anglaise

Salut à toi le Bangladesh. Chaque étape est une évasion vers un ailleurs inattendu. Des villes à la densité  suffocante,  des rivières labyrinthiques, des fleuves larges comme la mer, des îles si éphémères qu’elles ne figurent sur aucune carte, une mangrove plus mystérieuse que la forêt de Brocéliande, le tumulte de la circulation urbaine, la jungle de la frontière birmane…

Sylhet Division, nord est du Bangladesh. Quelques kilomètres avant d’arriver à Sreemangal, une route étroite se transforme en piste. Après 9 kilomètres chaotiques sur un chemin de terre qui longe des plantations de thé, apparaît enfin le domaine de Parkul Tea Estate. Les odeurs, les bruits, les silences, les couleurs, les regards, la végétation, le ciel, l’eau, la sérénité improbable d’une plantation de thé. Reprendre son souffle. Puis se faire encore irrésistiblement aspirer par une énergie inconnue.

Bangladesh !

La réplique du boucher de la rue blanche résonne encore dans ma tête : « plus de bavette ce soir, c’est le Bangladesh, y’a plus rien. »
Bangladesh, dèche, misère… Depuis sa naissance en 1971 le pays n’a cessé de garder les stigmates de la famine qui a suivi sa guerre de libération contre l’occupant pakistanais. L’effondrement du Rana Plaza n’a pas amélioré l’image du pays, qui fait l’objet de tous les reportages sur la l’exploitation humaine, les rejets polluants, les conséquences du réchauffement climatique…